Mon mini-bridge,

justification de mes choix et inventions


Ce mini-bridge vous paraît plus complexe que tout autre ? Ou livrer aux flancs trop d'informations ? Réfléchissons-y.

L'ouvreur dont le camp atteint 20H (qui font parfois, avec les distributions, manche ! inutile donc d'attendre 21H pour engager le processus d'attaque ; surtout que ce n'est pas fini : voir in fine) doit décliner sa distribution carte par carte...

D'abord il doit articuler, à voix haute, par exemple « 5431 ». C'est le début de l'apprentissage des quatre « copains de treize » ! Le concept, la vue (ici imaginée), l'oreille et même la mâchoire participent, par répétitions multiples, à cet apprentissage.

Demain ce débutant sera littéralement écorché (son cerveau, sa vue, son oreille et sa mâchoire le seront !) par un « 5432 » !

C'est bien, qu'aucun bon bridgeur n'ignore ces « copains de treize » (5422, 5521, 6331, etc.). Chacun les connaît par cœur, mieux, par réflexe ! Bien sûr beaucoup trop ambitieux pour un cours-débutants, mais il y a un commencement à tout.

Ensuite l'ouvreur doit décliner le nombre de cartes de sa main couleur par couleur dans la hiérarchie des couleurs aux annonces, en commençant par Pique. C'est bien. Il commence l'apprentissage par cœur, par réflexe, de cette hiérarchie, ce qui est bien pratique pour reconnaître d'emblée un « bicolore cher », par exemple ; ou pour savoir d'emblée, par exemple, sans avoir besoin d'y réfléchir, que 1¨ — 1ª — 2¨ peut venir de cinq cartes seulement parce que peut cacher un bicolore avec quatre cartes à Cœur qui n'a pas la force d'un bicolore cher ; qu'à l'inverse 1© — 1ª — 2© garantit six cartes...

Et chacun, attentif, apprend cela, petit à petit, avec lui.

Le flanc en est injustement avantagé ?

Si un débutant sur cent s'en rappelle au moment de choisir une carte en flanc, nous tenons un génie ! Ne le lâchons pas !

Tandis que nous serons là pour le rappeler aux quatre-vingt-dix-neuf autres et leur donner les pistes d'un sain raisonnement ! Ils apprendront ainsi à tenir compte de ce paramètre, à compter les mains ! Bravo si nous réussissons, grâce au 3514 de l'exemple, à les orienter dans cette direction, sur cette piste du compte des mains.

Le flanc est injustement avantagé de sa connaissance du nombre précis, au point près, des points d'honneurs du répondant ? Ce flanc (ou s'il devient déclarant, voir plus bas) pourrait ainsi, injustement, déduire tel honneur chez son partenaire les rares fois que le répondant serait déclarant ? ou, déclarant, dénicher une Dame et faire l'impasse du bon côté ?

Bravo à celui-là ! De tels seront rares, tandis que nous veillerons à leur rappeler cette connaissance et les mettre sur la piste du compte des points d'honneurs ! Encore tout bénéfice pour l'apprentissage, pour la péda... pardon, andragogie !

L'ouvreur deviendra déclarant le plus souvent (obligatoire dès cinq atouts chez lui !). La main cachée sera ainsi celle la mieux décrite. Tant mieux ! Cela rentre bien dans les buts décrits ci-dessus. Observons qu'il n'est pas rare, au bridge, que le déclarant, le plus souvent l'ouvreur, ait décrit, en trois enchères, 5224 ou 5134 à l'exclusion de tout autre distribution !

Cependant, avant de conclure (provisoirement, voir plus bas) à un contrat à Sans-Atout, l'ouvreur devra se poser des questions, celles des tenues, des arrêts...

Il a en effet, dans ce cas, le choix du déclarant (lui-même ou son partenaire ?). Saine réflexion...

Alors qu'en bridge réel on n'a pas toujours ce choix. Injuste ? Peut-être, mais cette fois dans l'autre sens. Au surplus l'on a souvent ce choix, en bridge réel. Mettons d'emblée les débutants face à cette problématique !

Les grilles de décision ne désignent jamais les contrats inutiles de 2SA, 3§/¨/©/ª, 4§/¨, 5©/ª, 4SA ou 5SA. Elles ne désignent que 1SA, 2§/¨/©/ª ou des manches (a minima) et chelems ! Cela n'est pas innocent !

Elle désignent, mais autorisent toute dérogation eu égard à la marque ! Il s'agit d'intégrer d'emblée l'apprentissage de la marque, partant de rendre l'ouvreur attentif que, par exemple, 1SA suffit pour la manche dès lors qu'il est marqué à 60 ou davantage, qu'au contraire, marqué à 40, il a besoin de 60 !

Rester près de la marque, c'est rendre ce mini-bridge « jouable » ! L'on peut même y jouer à l'argent ! Fût-ce à un tarif symbolique, genre un dixième de centime le point (pour une partie à fr. 1.–, un désastre à fr. 2.50), mais c'est tout dire !

Cette désignation modeste (1SA, 2§/¨/©/ª chaque fois que la manche est inatteignable) favorise la suite, la grande trouvaille par rapport à tous les mini-bridge connus, la poursuite normale des annonces ! notamment les enchères compétitives !

Elle tend aussi le « piège à cons » —  cousu de fils blancs en bridge réel —, et cela est certes très injuste... mais très amusant !

C'est comme ça qu'on apprend !

mh / mai 2010 Bridge Club du Haut Autres
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